» Aout 1940 » Lundi 12 août 1940
 
Lundi 12 août 1940

 
Quelle merveilleuse journée aujourd’hui !!! Ce jour tant attendu depuis si longtemps est enfin arrivé. Je décris donc cette journée : Ce matin, bien triste, je vais rejoindre le magasin. Juliette y est revenue travailler. Je suis bien contente sur le moment de la voir revenue parmi nous. Je suis bien triste de songer que Marcel, lui, n’est pas encore là. Je cause avec Juliette et lui raconte notre malheur. Elle aussi a eu beaucoup de misères et de chagrin. Chacun se rappellera cette terrible année quarante ! Le déjeuner, le midi, est très très triste. Vraiment, je voudrais sincèrement voir Marcel arriver le plus vite possible. L’après midi, nouveau chagrin, car Albert revient aussi au magasin. Quel chagrin de le voir arriver, lui, le premier.

Jamais je n’aurais cru le revoir avant Marcel ! J’ai à nouveau fortement mal à la tête et ne peux m’empêcher d’être triste. A quatre heures et quart, j’entends que l’on appelle Marguerite au téléphone d’en bas. Mon petit Marcel est arrivé. Vite, vite le téléphone, c’est Maman. En effet, Marcel est arrivé et je le verrai ce soir. Les tempes me battent, je tremble sans arrêt. Il est là et je ne peux courir à lui …. Combien ce joug du magasin me pèse ! Si je pouvais me jeter dans ses bras ! Depuis si longtemps que j’ai ce désir ! Je ressors de la Comptabilité, je ne tiens plus sur mes jambes. Je trouve Juliette à mon rayon. Je lui saute au cou, je ne peux parler, je suis trop contente. Mado vient vite aux nouvelles. Une heure plus tard, coup de téléphone à Juliette. C’est Maman : il vient me chercher à notre endroit habituel. Vite, vite six heures. ! Je ne peux cacher ma joie. Certaines de mes compagnes m’en demandent la raison Elles partagent mon bonheur. Je ne dis rien à Paulette.

Enfin six heures. … Comme mon cœur bat ! Je cours vite avec Juliette. Non, mes yeux ne me trompent pas, c’est bien lui. Nous montons notre chemin habituel après un doux baiser. Visite à St-Laurent. Nous devons tellement à Dieu qui nous a si bien protégés ! Puis, nous rentrons à la maison. Combien donnerai-je maintenant pour que je sois chez nous réellement.

En, voici ce beau jour arrivé et il efface bien des mauvais souvenirs… Maintenant, je suis en sécurité, et plus rien ne peut m’atteindre. J’ai avec moi, mon meilleur ami, mon confident, mon fiancé : Marcel !


CHERI, voici la lecture de ces mauvais jours terminée. Deux mois de dure séparation et misères. Dix semaines de chagrin. Première grande épreuve.

Avec l’appui de Dieu et de la Vierge, notre amour en a triomphé. Finissons ce livre mon Chéri, par un doux baiser.

Ta fiancée qui t’aime de plus en plus et qui espère te garder toujours près d’elle …bientôt dans notre joli nid d’amour.

Signé : DILETTE

suite…

 
 

 
 

 
Accueil     |    Plan du site     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter
  Mis à jour le lundi 4 mai 2009